Réflexions sur le trousseau de bébé

Depuis le début de l’année, Monsieur et moi sommes avons succombé à une des tendances qui fait fureur parmi  les trentenaires. Le genre de tendance qui change votre mode de vie en profondeur et dont on ne ressort pas indemnes : Nous attendons notre premier enfant 🙂

Dès le début, j’ai renoncé à faire moi-même la trousseau de bébé. Les bébés grandissent à la vitesse de l’éclair, alors que moi je suis une couturière et tricoteuse assez lente. De plus il s’agit du premier petit enfant de nos parents respectifs et je savais que nous allions recevoir pas mal de cadeaux. Je ne voulais pas remplir la commode de bébé d’une tonne de vêtements alors que de l’autre côté j’essaie de désencombrer mon placard, de me détacher affectivement de mes vêtements et de consommer plus responsable y compris dans mes vêtements et mes loisirs tricoto-couturesques.

Pour autant je ne voulais pas me frustrer sur les petits vêtements trop mignons choupi trognons et laisser à maman et belle-maman le plaisir de vêtir la petite merveille. J’ai donc décidé de m’imposer quelques principes simples :

  • Attendre un peu de voir ce que nous allions recevoir avant d’acheter nous-même ce qu’il manquerait. D’ailleurs au bout de 5 mois de grossesse nous avions déjà beaucoup de choses !
  • Acheter autant que possible en occasion. L’équivalent autrichien du bon coin est devenu notre meilleur ami. De même que les groupes Facebook de vente d’occasion entre expats.
  • Ne pas se priver d’acheter du neuf s’il nous fait envie mais à ce moment là, essayer de se prendre des produits un tant soit peu éco-responsables. J’ai d’ailleurs découvert à cette occasion qu’en ce qui concerne les vêtements pour tous-petits il n’est pas si difficile de trouver du bio à des prix tout à fait raisonnables. J’en reparlerai un peu plus loin.
  • Ne pas se priver de faire du fait-main mais en y accordant un minimum de réflexion.Le principe est simple : Ne pas faire moi-même si cela n’apporte pas une vraie valeur ajoutée. Si au final le vêtement que je viens de coudre ou tricoter revient plus cher et est moins éco-responsable qu’un vêtement de prêt-à-porter, cela n’a pas d’intérêt.

Couture : Coudre pour bébé ok mais en accordant une attention particulière à la qualité des tissus. Prendre soit du bio soit de la récup. Bon les tissus déjà dans mon stock sont autorisés aussi, sinon ce stock ne diminuera jamais. En résumé, aucun nouvel achat de tissu si ce n’est pas du bio.

Petits leggings en 6 mois cousus dans des anciens hauts devenus trop petits

Tricot : Je tricote tellement lentement que je ne risquais pas la surproduction ! De plus contrairement aux bodys et autres vêtements en tissu, je trouve que les gilets bébé sont extrêmement chers ou trop peu chaud. Et comme ce sera un bébé d’automne en Autriche, elle aura besoin d’être bien au chaud donc d’avoir des gilets en laine.

J’ai essayé de privilégier des couleurs unisexes pour que les tricots puisse resservir. Je me suis aussi limitée aux gilets car je trouve qu’ils sont portables plus longtemps que des pulls ou autres bodys. On retrousse les manches si c’est trop grand, on laisse ouvert si c’est un peu petit et hop, on rallonge la durée de vie du tricot de quelques semaines !

Max Baby Cardigan dans un joli marron glacé, nickel pour fille comme pour garçon

Enfin, j’ai essayé d’accorder une importance toute particulière à la qualité de la laine et l’éthique du fournisseur mais c’est franchement beaucoup moins évident que pour les vêtements et les tissus ! J’en reparlerai sûrement dans un prochain article.

Le cas des vêtements bio du commerce

Comme je le disais un peu plus haut, j’ai été surprise de trouver autant de vêtements et linge bio pour bébé, à des prix très intéressants. Cela à beaucoup contribué à ma réflexion car pourquoi coudre moi-même si c’est pour que ça coûte le double d’un vêtement du commerce tout aussi bio et que ma fille ne mettra que quelques mois voire semaines ? Bien sûr un vêtement fait par mes soins sera unique et plus original voire plus mignon qu’un vêtement du commerce. Mais est-ce vraiment important pour un vêtement dont la durée de vie est si limitée et qui sera si vite tachée de fluides corporels diverses ? Vous sentez tout de suite que ma réflexion me poussait plutôt vers les vêtements du commerce. Coudre quelques petites choses particulièrement mignonnes ok, mais faire un trousseau complet, cela me paraissait déraisonné. D’autant que nos finances ne sont pas au mieux.

Je me suis tout de même posé la question des qualités réelles des vêtements bio du commerce comparativement aux tissus bio achetés au mètre. On est d’accord, je parle là de petits prix donc vêtements de grande surface ou d’enseignes type H&M.

Première constatation : On trouve souvent rangés dans la même catégorie des tissus ou vêtements certifiés Öko-tex (ou Oeko-tex) et des tissus certifiés GOTS.  J’ai longtemps cru qu’il s’agissait simplement de deux certifications biologiques différentes mais pas du tout !

Oeko-tex concerne avant tout l’utilisation de produits chimiques dans les produits textiles. Vous trouverez plus d’infos ici. Il s’agit donc avant tout d’exigences environnementales et de non-toxicité humaine. Un tissu synthétique pourra être certifié Oeko-tex, de même qu’un coton ne provenant pas de cultures biologiques. Oeko-tex n’a donc rien à le bio !

A l’inverse, la certification GOTS s’applique bien aux produits textiles biologiques. Pour en savoir plus sur la certification GOTS, c’est par ici. Cette certification comprend non seulement des exigences environnementales proches de celle de l’alimentation biologiques et des exigences au niveau de la  toxicité humaine mais aussi des exigences sociales. Un produit GOTS pourra souvent être Oeko-tex mais un produit Oeko-tex ne sera pas forcément GOTS.

Donc mon choix à moi se porterait sur du GOTS puisque je veux du bio.

Petite salopette réversible : Coté pile dans les chutes d’une robe cousue pour moi
Coté face dans un jersey GOTS de chez tissus.net

Mais là encore il y a des différences de prix assez incroyables, que ce soit entre les tissus GOTS et les vêtements GOTS et même entre deux tissus GOTS. Bon c’est certain qu’H&M achète des plus grosses quantités de tissu que moi donc c’est une première explication mais ça n’explique pas tout. C’est sur le site des Trouvailles d’Amandine que j’ai trouvé ma réponse. Dans cet article du blog, elle fait la comparaison entre des tissus bio fabriqués en France, fabriqués en Turquie et fabriqués en Asie. Et tout de suite, on comprend mieux comment les prix peuvent être aussi différents. J’ai donc regardé sur plusieurs sites de vente en ligne où étaient fabriqués les tissus biologiques qui me plaisaient et là surprise (ou pas) : Les tissus fabriqués en Asie sont rarement vendus moins chers que ceux fabriqués en Turquie. Pire, certains tissus fabriqués en Asie ou en Turquie sont vendus dans les même gammes de prix que ceux fabriqués en France. Et là un gros sentiment de me faire avoir m’a envahi.

Mais au moins maintenant je peux acheter en toute connaissance de cause : Il n’y a pas d’intérêt à coudre moi-même un vêtement qui me reviendra plus cher et qui ne sera pas plus responsable qu’un vêtement du commerce.

L’article des Trouvailles d’Amandine jette le doute sur les conditions de travail des produits fabriqués en Asie, ce que je peux comprendre. Ceci dit la certification GOTS est censée garantir aussi un certain nombre de critères sociaux pour les employés. Acheter des vêtements certifiés GOTS sera donc toujours mieux qu’un vêtement non GOTS. Donc aucun achat de vêtement bébé neuf s’il n’est pas GOTS.

Et quand je recommencerai à coudre pour moi, je favoriserai au maximum du tissu fait en France ou au moins dans des boutiques éthiques.

Et vous, avez-vous des bonnes résolutions en matière d’achats de vêtements, de tissus et de laine ? Vous vous y retrouvez dans cette jungle ?

 

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